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Un risque de noyade multiplié par 15 à 19 pour le patient épileptique

Publié le 05/01/2009

 

Les patients épileptiques  sont plus à risque d’accidents. Il est classiquement recommandé de les prévenir du risque de perte de connaissance et d’accidents sérieux dans les circonstances comme la conduite automobile, le travail en hauteur ou autre milieu dangereux et surtout du risque de noyade. Mais ces avertissements sont ils vraiment pris au sérieux ? Dans Neurology, est publiée une étude, réalisée par une équipe Londonienne, sur le risque de noyade en cas d’épilepsie. Les auteurs ont effectué une méta-analyse de la littérature internationale et comparé ses résultats aux données du registre anglais.

Cinquante et une cohortes de patients, correspondant à 207 000 patients-années de suivi ont été incluses dans cette méta-analyse. Quatre-vingt-huit décès par noyade ont été rapportés dans les différentes études. Le Ratio Standardisé de Mortalité (RSM), (nombre de décès par noyade observés / nombre de décès par noyade attendus), est apparu multiplié par 18,7 chez les patients épileptiques par rapport à des personnes non épileptiques. Les données des études ne permettent pas de conclure quant aux lieux et circonstances préférentielles des noyades. Cependant, le risque de décès par noyade est plus important dans certaines populations : patients avec troubles de l’apprentissage (RSM 25,7), patients institutionnalisés (RSM 97), après lobectomie temporale pour épilepsie pharmacorésistante ! (RSM 41,1). Le RSM est moins élevé dans les cohortes d’enfant, suggérant le rôle bénéfique de la surveillance par les parents. Enfin, le RSM (5,4) est plus faiblement augmenté chez les  épileptiques nouvellement diagnostiqués.

En conclusion de cette étude, il apparaît que les noyades expliquent 5 % des décès des patients épileptiques et que les patients épileptiques ont un risque de noyade multiplié par 15 à 19. Une étude plus modeste a été effectuée récemment en Inde. Deux cent cinquante et un patients ont répondu à un questionnaire les interrogeant sur les accidents ou traumatismes subits pendant les douze mois précédents : 0,4 % d’entre eux ont rapporté qu’ils avaient failli se noyer. Les traumatismes étaient beaucoup plus fréquents (44,8 %) et 3,1% ont  eu un accident de la circulation. Tous ces travaux rappellent que la prescription de médicaments antiépileptiques doit être accompagnée d’une éducation du patient leur précisant que les traitements bien conduits diminuent le risque mais ne le font pas disparaître et qu’il est nécessaire de rester prudent dans ces circonstances (idem pour les adultes…)

Dr Christian Geny

 

Bell GS et coll. : Drowning in people with epilepsy: how great is the risk? Neurology. 2008;71(8):578-82
Epilepsy Makes Drowning a Lot More Likely The Medscape Medical Minute

Sapna CS, Sheeba SL, John J, Thomas SV. : Accidents and injuries in people with epilepsy attending a tertiary care center in
India. Epileptic Disord. 2008 Dec;10(4):276-81.

 

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Un risque implicite

Le 05 janvier 2009

Le risque de noyade à l'occasion d'une crise d'épilepsie est implicite et cette étude vient le confirmer.
Mais, si le rôle bénéfique de la surveillance par un tiers a semble-t-il été suggéré, ne serait-il pas intéressant de l'approfondir et de rechercher combien de noyade ont pu être évitées par la présence d'un tiers, lors de crise d'épilepsie; de même, l'importance du risque suivant le type d'épilepsie (généralisée, partielle ....)serait utile.
En effet, l'éducation thérapeutique ne doit pas se résumer à des interdits. Si la bonne observance thérapeutique reste une obligation, elle sera d'autant mieux suivie qu'elle s'accompagnera de "permis", avec toujours bien sûr certaines précautions.

Dr
Marie-Anne Durand-Fonvieille

(vice présidente de l'AFE : association française pour les épilepsies)

Publié dans sport

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