conduite et première crise

Publié le par AFE - association française pour les épilepsies

Conduire après une première crise d’épilepsie : quel est le risque ?

Publié le 13/12/2010

 

 

L’épilepsie ne fait plus partie des pathologies contre-indiquant la conduite automobile. La délivrance et le maintien du permis de conduire sont toutefois soumis à conditions, en fonction de modalités qui diffèrent encore selon les pays européens.

Une étude réalisée au Royaume-Uni pourrait servir de base à la réflexion pour parvenir à une unification des législations à travers l’Europe. Outre-Manche, le permis de conduire est suspendu après une première crise, pendant 6 mois pour les conducteurs de véhicules légers, et pendant 5 ans pour les chauffeurs de poids lourds, taxis ou ambulances. Ce délai est considéré comme correspondant à un risque de nouvelle crise inférieur à 20 % pour les premiers et à 2% pour les seconds. L’essai, randomisé, contrôlé et multicentrique, a pour objectif de préciser que le risque de nouvelle crise au cours des 12 mois suivant la restitution du permis de conduire pour les conducteurs de véhicules légers reste bien inférieur au seuil de 20%.

C’est en effet le cas pour les patients chez lesquels un traitement a été initié. Ceux-ci ont un risque nettement inférieur à 20 % de refaire une crise dans les 12 mois suivants (risque non ajusté 14 %, intervalle de confiance à 95 % IC 10 % à 18 %). Pour les patients sans traitement, les auteurs sont moins formels, puisque, si le risque estimé est inférieur à 20 % (18 %), la limite supérieure de l’intervalle de confiance dépasse ce seuil (IC 13 % à 23 %), ne permettant pas d’exclure la possibilité d’un risque supérieur à 20 %.

L’analyse multivariée permet aussi d’individualiser des sous-groupes pour lesquels le risque pourrait être supérieur aux 20 % convenus, notamment les patients présentant des crises d’épilepsie pendant leur sommeil, et ceux dont l’électroencéphalogramme est anormal. Dans d’autres sous-groupes le risque estimé est supérieur à 20 %, mais avec une limite inférieure de l’intervalle de confiance en dessous de ce seuil ce qui ne permet pas cette fois d’exclure un risque inférieur.

Les auteurs estiment qu’en se basant sur ces données, deux attitudes peuvent être envisagées par le législateur. L’attitude «libérale », ne tenant compte que des résultats globaux et négligeant les intervalles de confiance, et décidant que tous les patients peuvent récupérer leur permis après 6 mois. Et une attitude plus « conservatrice », détaillant l’analyse multivariée et les intervalles de confiance, et individualisant  la réponse en fonction des particularités de chaque conducteur.

 

Dr Roseline Péluchon

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