vaccination et syndrome de dravet

Publié le par AFE - association française pour les épilepsies

Vaccination et syndrome de Dravet

Par Sophie Hamelin (CHU de Grenoble)
Article commenté :
Effects of vaccination on onset and outcome of Dravet syndrome: a retrospective study.
McIntosh AM, McMahon J, Dibbens LM et al.
Lancet Neurol. 2010;9(6):592-598.
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Le message : La vaccination n'influence pas le cours évolutif des syndromes de Dravet, ne modifiant ni le devenir cognitif, ni l'histoire épileptique. Celle-ci peut précipiter la révélation d'un syndrome de Dravet qui aurait été symptomatique plus tardivement.

L'étude : Il s'agit d'une étude rétrospective reprenant les cas d'enfants ayant présenté un syndrome de Dravet avec une mutation sur le gène SCN1A identifiée. Étaient inclus seuls les enfants pour lesquels une anamnèse précise était possible concernant le décours des vaccinations en regard de la première crise convulsive.

La nuance : Il s'agit d'une étude rétrospective, et l'administration des vaccins ainsi que les dates d'injections n'ont (bien sûr) pas pu être randomisées. Il manque également, dans l'idéal d'une étude prospective irréprochable, un groupe contrôle d'enfants n'ayant reçu aucune vaccination. Le faible nombre de patients inclus est plutôt un reflet de la qualité des critères d'inclusion de l'étude. Les auteurs ont voulu s'affranchir du biais de mémorisation en n'incluant que les patients pour lesquels les dates du calendrier vaccinal étaient clairement reportées par écrit.

Le détail : Cette étude a été inspirée par le constat que nombre d'enfants, sans antécédent familial de crise fébrile ou de déficit neurologique, développaient une encéphalopathie convulsivante avec troubles cognitifs au décours d'une vaccination (coqueluche en premier lieu). Parmi eux, un grand nombre étaient porteurs de la mutation SCN1A et présentaient les symptômes du syndrome de Dravet, non diagnostiqué en tant que tel. Le syndrome de Dravet débute typiquement aux alentours du sixième mois ; le calendrier vaccinal du DTPolio, étant proposé à 2, 4 et 6 mois, précède donc de peu les premiers symptômes.

Les patients inclus ont tous un syndrome de Dravet (typique ou non) (n=127), une mutation SCN1A (n=101/127) et une entrée dans la maladie par une crise convulsive (pour avoir une bonne précision temporelle sur le début des symptômes) (n=95/127). Parmi ceux-ci, 40 enfants ont étés retenus pour l'étude car la date exacte des vaccinations ainsi que la date de la première crise étaient présentes sur les carnets de santé.
Il n'existait pas de différence en termes d'âge de survenue, de tableau neurocognitif ou de gravité de l'épilepsie entre ces 40 enfants et les 55 autres exclus. Deux groupes ont ensuite étés constitués : celui des patients ayant fait leur première crise dans les 48 heures qui suivent la vaccination (Groupe 1 n=12), et celui de ceux pour lesquels la première crise est survenue à distance de toute vaccination (Groupe 2 n=28).

L'âge moyen de survenue de la première crise était significativement plus précoce dans le groupe 1 (18,4 semaines contre 26,2 semaines p=0,004). Il n'existait par contre aucune différence entre les groupes concernant le type de crise initial ou à distance, le diagnostic syndromique (Dravet typique ou non), la régression intellectuelle ou le déficit cognitif au jour de l'évaluation. Il n'existait pas non plus de différence entre les groupes concernant le type de mutation au sein du gène SCN1A.
Parmi ces 40 enfants, la poursuite du calendrier vaccinal avec 3 injections, comparée à une vaccination incomplète (arrêt après l'apparition de l'épilepsie), n'a pas d'influence sur le devenir cognitif ou la régression des enfants.
Il est intéressant de noter que le premier évènement convulsif n'était pas toujours noté comme en lien avec un épisode fébrile (33 et 37%) sans différence notable entre les deux groupes.

Date de publication : 31-05-2010

 

 

AHS 2010 52ème congrès de l’AHS

24-27 juin 2010  Los Angeles

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