la première crise d'épilepsie

Publié le par AFE - association française pour les épilepsies

Première crise d’épilepsie : l’examen ophtalmologique est il utile ?

Publié le 07/01/2010

 

 

La Ligue Internationale contre l’Epilepsie recommande, lors d’une première crise uniquement, la réalisation d’un électroencéphalogramme et d’une imagerie cérébrale, en plus des tests sanguins. Des neuropédiatres de Leipzig, après une enquête montrant que deux tiers des unités de neurologie pratiquaient aussi un examen ophtalmologique, ont effectué une étude prospective pour évaluer l’intérêt d’une telle attitude.

Ce travail a concerné tous les enfants de 1 mois à 18 ans hospitalisés entre 1999 et 2005 pour une première crise d’épilepsie avec ou sans convulsion. Les patients dont la crise était survenue dans le cadre d’une maladie connue à l’admission telle méningite ou tumeur cérébrale et ceux présentant une convulsion fébrile ont été exclus de même que ceux examinés en ophtalmologie 72 heures après, de crainte de surestimer la fréquence des hémorragies rétiniennes. Les enfants ont bénéficié d’un examen ophtalmologique complet et le recul a été d’au moins 36 mois.

Au total, 310 enfants ont été retenus : 230 (76 %) ayant présenté des crises tonico-cloniques (dont 16 états de mal), 24 (8 %) des crises focales motrices simples, 20 (6,6 %) des crises toniques, 18 (6 %) des crises partielles complexes et 18 des absences. Les épilepsies focales et les absences sont sous représentées car elles n’entraînent habituellement pas d’hospitalisation. Pour 207 patients (2/3), l’examen ophtalmologique était normal ; 83 enfants (27 %) avaient un trouble de réfraction ou un strabisme comme dans la population générale. Une atrophie optique a été constatée chez 12 enfants (4 %), dont 9 associée à une infirmité motrice cérébrale. Trois enfants avaient une parésie oculomotrice congénitale, 3 autres une microphtalmie ou un colobome déjà connus. Seuls 2 malades avaient une anomalie liée directement à la crise. Une fille de 16 ans, sans antécédents, avait une amputation du champ visuel qui a conduit à la découverte d’un gliome occipital. Une fille de 11 ans avait une hémorragie rétinienne bilatérale attribuée à la chute provoquée par la crise car l’IRM était normale. Ainsi, l’examen ophtalmologique n’a pas eu de conséquence pratique dans cette série, l’intérêt des deux examens anormaux s’effaçant devant les données de l’imagerie cérébrale. Cependant, chez le nourrisson de moins de 12 mois, l’examen du fond d’œil montrant des hémorragies rétiniennes peut être utile pour le dépistage d’une maltraitance bien que ces lésions soient inconstantes. Le dépistage des tumeurs cérébrales par l’IRM est plus sensible et spécifique que l’examen ophtalmologique

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