attention à l'utilisation du Sabril

Publié le par AFE - association française pour les épilepsies

Épilepsie : comment limiter les effets secondaires du Sabril ? Version imprimable Suggérer par mail
13-04-2009

photo chercheurLa société pharmaceutique Aventis avait sonné l’alarme auprès des médecins dès 1998 : le Sabril, un anticonvulsivant utilisé contre l’épilepsie, peut provoquer chez certains patients des troubles de la vision irréversibles. Or ce traitement est le seul autorisé pour les nourrissons et les enfants atteints du syndrome de West. Aujourd’hui pourtant, un pas vient d’être franchi pour mieux s’en protéger. Décryptage.

 

Effet néfaste sur la rétine
Le Sabril est très efficace pour lutter contre les spasmes infantiles et permet de limiter leurs effets catastrophiques sur le développement du cerveau. Néanmoins, chez un tiers des patients, il peut également réduire le champ de vision : à mesure que l’atteinte de la rétine progresse, la personne voit comme à travers un tuyau de plus en plus étroit.

Entre deux maux, il faut choisir le moindre… et exercer une surveillance pour stopper le traitement si la vision se dégrade. Or l’examen classique du champ visuel, la périmétrie, est rarement réalisable avant l’âge de 9 ans. Il existe bien un test accessible aux enfants à partir de 3 ans, basé sur les potentiels évoqués visuels (PEV), mais il n’a pas été validé pour cette indication.

Un taux de taurine insuffisant
Dans ces conditions, les résultats obtenus par l’équipe de Serge Picaud à l’Institut de la vision sont importants : les chercheurs viennent de comprendre l’origine de cette dégénérescence. Par des expériences sur le rat, ils ont montré que la molécule active du Sabril, la vigabatrine, fait fortement baisser le taux de taurine dans le sang. Or, on sait depuis longtemps que cet acide aminé est un antioxydant puissant et qu’une diminution de sa concentration entraîne une forte phototoxicité. En d’autres termes, le manque de taurine associé à de la lumière provoque des lésions irréversibles des cellules de la rétine. Bonne nouvelle : les rats sous vigabatrine qui recevaient une alimentation riche en taurine ont eu moins de troubles visuels que les autres.

Ces conclusions sont-elles valables chez l’homme ? Seul un essai clinique pourra l’assurer, d’ici à quelques années. Mais des observations sur six enfants sous vigabatrine montrent qu’ils ont également des taux de taurine bien inférieurs à la normale depuis le début de leur traitement. « A priori, les résultats que nous avons obtenus sur les rats semblent aussi pertinents pour l’homme », estime Serge Picaud. En attendant d’être fixé, le chercheur recommande une alimentation riche en taurine et de ne pas surexposer les enfants à la lumière.

Pas de surexposition au soleil
« Il est prudent de leur faire porter des lunettes de soleil lorsque l’intensité lumineuse est forte, même s’il y a des nuages, précise-t-il. Au soleil, couvrez-les, car la peau « consomme » aussi de la taurine. Évitez de les promener en landau sans ombrelle ou capote, mais n’allez pas jusqu’à les transformer en taupes. » Quant à l’apport en taurine, un diététicien est le meilleur conseil pour adapter sans risque l’alimentation des petits. Et si vous remarquez que votre enfant se cogne de plus en plus souvent aux meubles, signe que son champ de vision se réduit, parlez-en rapidement avec le neurologue.

Publié dans santé

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