bien prendre ses comprimés est essentiel dans la vie d'un épileptique

Publié le par AFE - association française pour les épilepsies

Epilepsie : quels sont les déterminants des prescriptions en médecine générale ?

La mauvaise observance du traitement antiépileptique peut entraîner de nombreuses conséquences : un risque de décès triple et une augmentation du risque d’évènements cliniques sérieux. Des chercheurs du Birmingham Epilepsy Center Citivan International Research Center de l’Université d’Alabama viennent de publier dans Neurology les résultats d’une étude portant sur les conséquences de la mauvaise observance des traitements antiépileptiques.

La prévalence de la mauvaise observance des traitements antiépileptiques est difficile à évaluer mais tend à être élevée, 30 à 70%. La relation entre mauvaise observance et mortalité ou morbidité n’avait pas encore été bien étudiée dans cette maladie. Une cohorte rétrospective a été mise en place avec les données de l’assurance maladie Medicaid de 3 Etats américains de janvier 1997 à juin 2006. Les patients âgés de plus de 18 ans avec au moins un diagnostic d’épilepsie et au moins 2 dispensations de traitements en pharmacie ont été inclus. 

L’observance était évaluée trimestriellement par le ratio de possession des traitements (nombre de jours avec traitement / nombre de jours du trimestre) supérieur ou égal à 0,80. Les 33 658 patients représentent 156 613 années de soins. Un cinquième des patients trimestres (21%) étaient non traités. Un quart des patients traités étaient mal observants (26%). La mauvaise observance prédominait chez les plus de 65 ans, les femmes et les Afro-américains. 

En analyse multivariée après ajustement, la mauvaise observance était associée à un risque de mortalité multiplié par 3,32 (IC95% : [3,11 ; 3,54]). En revanche, les non traités n’avaient pas de sur-risque de mortalité, ce qui suggère qu’il s’agissait de période où les traitements n’étaient pas médicalement justifiés. D’autres facteurs de risque de mortalité ont été mis en évidence : sexe masculin, âge élevé, pathologie neurologique associée. 

En univariée, la mauvaise observance est également associée à une augmentation de 50% (IC95% : [49 ; 52%]) des consultations aux urgences, de 86% (IC95% : [84 ; 88%]) des hospitalisations, de 21% (IC95% : [18; 23%]) des fractures et de 108% (IC95% : [81 ; 139%]) des accidents de la voie publique. En revanche elle est associée à une diminution de 27% (IC95% : [28 ; 25%]) des blessures à
la tête. Une des hypothèses de cette diminution est que les patients chez qui les crises entraînent des chutes sont plus motivés pour prendre leur traitement. 

Ces résultats confirment l’intérêt de l’adhérence au traitement antiépileptique. Dans le but de mieux protéger les patients, il est important de rechercher, à l’avenir, quels sont les facteurs qui motivent la bonne prise du traitement

Publié dans santé

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